
samedi 12 septembre 2009
Je crache à la gueule des gratte-papiers.

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samedi 27 juin 2009
Ces hommes qui n'aimaient pas les femmes...

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samedi 6 juin 2009
vendredi 5 juin 2009
Yodelice - Sunday with a flu
Découverte de la semaine. La chanson m'entraîne comme rarement, et c'est toujours un plaisir de la réécouter (Enfin, facile à dire lorsqu'on ne l'écoute que depuis cinq minutes...)
Je vous laisse découvrir ou redécouvrir ça, sans modération !
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samedi 30 mai 2009
Entre Ses griffes - Chapter I

J’atteins enfin le quatrième étage et bifurquai dans le couloir de droite. Ma porte portait un gros « 13 » rouillé et était la dernière du couloir ; je ne savais pourquoi, mais je me dis que si quelqu’un voulait me rendre visite, il lui serait pratiquement impossible de se tromper.
Je me plantai sur le seuil et me mis en quête de mes clefs, cachées dans les poches de ma veste sous un amas de papiers inutiles.
Quand je les eus trouvées, j’ouvris et m’engouffrai dans l’appartement obscur en refermant la porte sur moi. Dans le salon, j’allumai l’affreuse lampe que ma mère m’avait offerte pour mon anniversaire, un mois auparavant ; elle trônait sur la table basse, horrible dans sa couleur jaunâtre. Je la contemplai un instant et murmurai d’un air maussade un « merci Maman », avant de me jeter sur mon ordinateur qui occupait le fond de la pièce, magnifique sur son bureau en bois vieilli qui m’avait coûté une petite fortune. Je l’allumai. L’écran s’éclaira et je me mis en devoir de consulter mes e-mails. J’attendais un important courrier de mon éditeur, Jerry Kent, un petit homme laid, gros, désagréable, friqué, bien habillé et un éternel cigare à la bouche : le portrait même du businessman américain, à qui j’avais envoyé, pas plus tard que la semaine précédente, mon dernier roman.
J’avais reçu deux e-mails, et l’un des deux provenait effectivement de mon éditeur.
« Mon très cher petit Edward,
Votre roman est tout simplement la plus grosse niaiserie qu’on ne m’ait jamais pondue ! L’histoire est complètement nulle, les personnages sans intérêt, en clair vous pouvez toujours aller voir ailleurs pour qu’on publie cette ineptie. Et j’ajoute que vous pouvez remballer votre machine à écrire tout de suite et retourner à votre petit boulot de journaliste : vu les talents que vous avez dans l’écriture, vous n’irez pas loin.
Très cordialement,
Jerry Kent »
Je sentis la colère monter en moi. Sale pourri de riche !
De rage, je supprimai le message. Pendant quelques minutes, le temps de me remettre de mes émotions, je fixai d’un regard vide le deuxième e-mail. Il était d’un certain « Black Raven ». Noir Corbeau… Drôle de surnom ! Son propriétaire était sans doute un de ses adolescents sataniques qui croyait voir le diable à chaque coin de rue…
Je me résignai à l’ouvrir. Pourquoi ? Je ne sais pas. Sans doute voulais-je voir ce que ces imbéciles de jeunes-gens avaient encore inventé pour se faire peur…
« IL sait qui tu es… IL te pourchasse… Ta vie ne tient plus qu’à un fil…
Si tu n’envoies pas ce message à au moins 23 personnes, IL aura ta peau…
Black Raven »
Je gloussai et supprimai l’e-mail. La naïveté des sataniques était toujours si risible !
J’éteignis l’ordinateur et me dirigeai, tout sourire, vers la cuisine, où je me mis en quête de quelque chose à manger.
Ce que j’ignorais, c’était que ce simple et risible petit e-mail allait m’être fatal.
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Chapter II
Je suffoquais…Je me défis prestement de ma veste qui m’encombrait…J’entendais les rires sardoniques de mon poursuivant. Soudain, sur ma droite, je vis une porte entr’ouverte où était accroché un numéro 12. Je reconnu la porte de l’appartement de mon voisin de palier. J’y entrai précipitamment. Mon voisin était dans son fauteuil et me tournait le dos. Je m’approchai.
Lorsque je fus à sa hauteur, mes yeux se figèrent d’horreur…
Je me réveillai en sursaut, le corps brûlant, trempé de sueur et le cœur palpitant. Il faisait encore nuit et la pièce obscure dans laquelle je me trouvais m’apeurait : j’avais crainte de me trouver dans un autre endroit que ma chambre, une sorte de cachot où l’on m’aurait enfermé durant la nuit, après m’avoir kidnappé dans mon propre lit.
J’avais conscience que cela était ridicule. Je me penchai tout de même vers la table de nuit qui se trouvait normalement à la droite de mon lit et constatai avec soulagement qu’elle était toujours là.
J’allumai ma lampe de chevet et regardai l’heure sur le cadran du réveil : 8 h 02. Je soupirai et repoussai mes draps : il régnait dans la chambre une chaleur abominable… Tout comme dans le rêve… Je frissonnai. Quel cauchemar horrible ! Un seul détail me rassura : l’absence totale d’odeur de soufre.
Replongeant la tête dans mes oreillers, j’essayai de me rendormir : en vain.
Il fallait me rendre à l’évidence : ce n’était pas aujourd’hui que j’allais faire la grasse matinée.
Je me levai donc et allai dans la salle de bain où je me passai la tête sous l’eau froide, histoire de me réveiller complètement.
Je me rendis ensuite à la cuisine d’où semblait émaner cette chaleur intense. J’ouvris la fenêtre pour y laisser entrer l’air frais. La pièce retrouva peu à peu sa température normale.
Je me mis à fureter dans tout les placards à la recherche d’un bol et d’une cuillère, et, par un pur hasard, mon regard tomba sur l’évier où reposaient quelques couverts que je n’avais pas eu le courage de nettoyer la veille.
C’est alors que je la vis.
Elle était délicatement posée sur le rebord de l’évier, en équilibre, monstrueuse et terrifiante à la fois : une griffe noire toute tâchée de sang.
Je la pris en main : c’était une griffe de la taille d’une phalange, pointue et acérée. La réplique exacte de l’idée que l’on se faisait des griffes de… SATAN.
Je frissonnais, reprenais mes esprits égarés, tentais de calmer mon cœur qui s’était mis à battre furieusement, et reportais mon attention sur la griffe. J’étais persuadé de ne pas l’avoir vue la veille. Un détail tel que celui-là ne m’aurait pas échappé. Elle était donc, même si je trouvais cela invraisemblable, arrivée ici pendant la nuit. Mais comment ?
Intrigué, je me précipitai vers la porte d’entrée et vérifiai si elle était fermée : plus fermée que cette porte là ce jour-ci, il n’y avait pas. Je restais interdit. Ce devait être une farce de mauvais goût…
Soudain, le souvenir de l’e-mail que j’avais lu récemment me revint en mémoire : « IL sait qui tu es… IL te pourchasse… » Et j’avais oublié la suite. Et si ce mystérieux « IL » était…
Non. Je devenais paranoïaque. Ce n’était qu’une coïncidence. Je pris la griffe et la jetai par la fenêtre avant de la refermer.
Je ne me rappelle pas exactement comment les faits qui vont suivre se sont déroulés, mais ce que je me rappelle très bien, c’est que la température a subitement augmenté sans que je puisse m’en expliquer la raison.
Il faisait si chaud que je fus pris de vertige. Je perdis équilibre et tombai au sol… Je me relevai brusquement : le carrelage de la cuisine était brûlant. Une forte odeur de soufre me prit à la gorge… J’étouffais à demi…
Je voyais flou. Il serait donc impossible d’affirmer que ce que je vis à ce moment-là fût la vérité.
J’étais à genoux sur le carrelage qui me rôtissait les jambes comme si je m’étais trouvé au milieu d’un brasier, la tête baissée, me recouvrant le visage de mes bras, la gorge en feu, criant et haletant… C’est alors que j’entrevis deux formes rouges se déplacer sur le sol.
Je me risquai à lever la tête… Mon regard se glaça d’horreur…
Là, juste à côté de moi, glissaient deux traces de pas d’une couleur pourpre, comme si un être invisible marchait en direction du salon, quelqu’un dont les pieds seraient fourchus…
Mon cœur se mit à battre à tout rompre. Je portai ma main à mon cou où pendait un crucifix d’argent, comme pour me protéger. Les pas disparurent de mon champ de vision et je m’évanouis.
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Chapter III
Sans doute était-ce le fruit de mon imagination… Une histoire telle que celle-ci ne se produisait que dans les romans fantastiques.
Je devais avoir des hallucinations dues au surmenage. J’avais besoin de vacances. Encore une journée de plus passée à travailler pour ce stupide journal et j’allais devenir fou.
J’enfilai une veste à la hâte et me précipitai vers la porte d’entrée dans l’intention de sortir prendre l’air. J’allais l’ouvrir lorsqu’un terrifiant détail me frappa : la poignée ainsi que la serrure avaient fondu.
Pendant quelques secondes, le temps s’arrêta. J’oubliai de respirer, et j’oubliai même jusqu’à mon propre nom. Plus rien n’existait, hormis ce que je voyais.
J’eus envie de crier, mais aucun son, hormis un petit hoquet de stupeur, ne sortit de ma gorge.
Non… Non… Impossible…Ce n’est pas réel… je vais me réveiller…Oh Seigneur, dites-moi que tout cela n’est qu’un rêve !
Alors une petite voix à l’intérieur de moi-même se mit à susurrer : « Mais tu le vois, n’est-ce pas ? Et Lui aussi, tu l’as vu. »
Je ne pus trouver d’explication rationnelle à tout ce qu’il m’arrivait, et je fus pris de vertige sous le choc de la révélation.
Je sentis en moi le soudain désir de quitter cet appartement maudit. Je secouai la porte : elle était fermée à clef. Je fus contraint de l’enfoncer à coup de pieds. Elle céda.
Dans le couloir, un sentiment de déjà vu s’empara de moi. Encore ce relent de soufre…
De la fumée passait par-dessous la porte de l’appartement numéro 12.
J’aurais du m’enfuir comme j’avais l’intention de le faire, mais quelque chose me retint. Et s’il était arrivé malheur à mon voisin ?
Je pénétrai dans l’appartement. Il y faisait sombre et une affreuse odeur de chair brûlée y flottait, dominant celle du soufre et de la fumée.
Mon voisin était assis dans son fauteuil qui me tournait le dos… Comme dans le rêve, pensai-je.
Je m’avançai et me retins un hurlement…
C’était bel et bien mon voisin qui se tenait dans le fauteuil, mais il était à présent méconnaissable.
Ce n’était plus qu’un cadavre difforme dont les membres -hormis la tête, la jambe gauche et l’avant bras droit- avaient été entièrement carbonisé. Son visage blafard exprimait et exprime sans doute encore, dans le cimetière où on le mit en terre, cette expression de souffrance intense qui restera gravée dans ma mémoire à jamais.
Je détournai le regard. C’est alors qu’une enveloppe, en équilibre sur un bras du fauteuil, me sauta aux yeux. Je la ramassai.
Elle ne portait, en guise d’adresse, que deux mots :
« From Hell »
Je l’ouvris d’une main tremblante. La lettre qu’elle contenait était brûlée sur les bords.
« Que penses-tu de cette petite mise en scène, mon cher Edward ?
Macabre, n’est-ce pas ? Tu seras sans doute ravi d’apprendre que tu connaîtras bientôt le même funeste destin.
Je me délecte de voir la peur te gagner ! Tu as probablement oublié ton glorieux et sombre passé.
Ton heure est venue.
Dans quelques jours, le dénommé Edward Wolfe ne sera plus qu’un vulgaire tas de cendres et son âme viendra se joindre à ma collection… »
La lettre me tomba des mains. À peine eut-elle touché le sol qu’elle se consuma entièrement. Je restais planté là durant quelques minutes, pétrifié.
IL me traquait et IL m’aurait. Un détail m’intriguait pourtant : quel rapport existait-il entre l’occupant de l’appartement 12 –dont le nom m’échappait- et moi-même ? Et à quoi faisait-il allusion en citant « mon glorieux et sombre passé » ? Et… qui était-il ?
De cette dernière question, il me semblait déjà connaître la réponse…
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Chapter IV
Là, adossé au battant de la porte d’entrée, je me mis à réfléchir. Comment échapper à mon destin ? Faire appel à la police ? Qui serait assez idiot pour croire à mes histoires de bonne femme ? Appeler un ami ? Cela aurait pu être une solution, mais un problème persistait : je n’avais ni ami, ni famille autre que ma mère, qui était quelqu’un à qui on ne pouvait pas se confier, ni même demander conseil.
Il fallait se rendre à l’évidence : c’en était fini de moi.
C’est alors que, dans le couloir, retentit un hurlement strident provenant de l’appartement d’à-côté. Quelqu’un venait probablement de découvrir le cadavre.
J’ouvris ma porte à la volée. Je découvris Hannah Spencer, la concierge, en larmes, qui composait un numéro sur son cellulaire.
-Que se passe-t-il ? dis-je en adoptant une voix alarmée, comme si j’ignorais la réponse à ma question.
Elle essuya une larme qui perlait à ses yeux.
-Monsieur Raven a été assassiné… J’appelle la police, articula-t-elle entre deux sanglots.
-Comment avez-vous dit ?
- J’appelle la police…
-Non, avant cela !
-Monsieur Raven est mort !
Raven !
La concierge me contempla un instant d’un œil inquisiteur tout en reniflant bruyamment. Elle devait sentir mon étonnement.
-Vous ne le connaissiez pas, monsieur Wolfe ?
-Si, bien sûr… C’était quelqu’un de bien, m’empressai-je d’ajouter.
Je ne le connaissais que trop bien, malheureusement. C’était lui, le Corbeau et l’auteur de l’e-mail…
Pourquoi ? Pourquoi avoir tenté de me mettre en garde ?
Mais surtout… Comment ? Comment savait-il que l’on me traquait ?
« Ton glorieux et sombre passé… ». Un passé que j’ignorais, un passé perdu dans l’oubli…
Il savait. C’est la raison pour laquelle on l’avait tué.
-Monsieur Wolfe ? Vous êtes sûr que tout va bien ?
Je levai les yeux vers la petite femme qui me contemplait attentivement. Elle semblait inquiète.
Je répondis par l’affirmative. Elle sembla rassurée et continua à pianoter sur son portable.
-Le FBI ? elle semblait affolée. Hannah Spencer à l’appareil. Envoyez-moi un inspecteur sur-le-champ au 4, Garden Street… 4, Garden Street, c’est cela… elle raccrocha.
De mon côté, je tremblais de tous mes membres : voilà que le FBI s’en mêlait !
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Chapter V
-Céha quoi ? demandai-je, surpris.
-CHS : Combustion Humaine Spontanée. La victime s’est consumée sans contact avec une source de feu extérieure et en laissant intact, dans la plupart des cas, le milieu qui l’environne. C’est un cas plutôt rare, je dois l’avouer : le corps s’embrase de l’intérieur. Lorsque sa température atteint 1650°C, il y a très peu de chance d’en retrouver les ossements ; dans le cas présent, la combustion a été partielle : seuls la tête, la jambe gauche et l’avant-bras droit ont survécu. Le plus étonnant est que la tête n’a pas explosé sous l’effet de la chaleur…
J’ai bien peur que tu ne te trompes royalement sur la nature de sa mort, pensai-je.
Il soupira puis ajouta :
-En bref, y’avait pas de quoi déranger le FBI, surtout quand des dizaines de meurtres sont commis à New York en ce moment même…
J’écoutais d’un air distrait les explications de l’inspecteur, tout en contemplant les restes du Corbeau, qu’une faible lumière provenant du couloir éclairait. Ce pauvre homme n’y était pour rien… Combien d’autres personnes allaient-elles périr par la faute d’une seule ? Combien avaient déjà péri ? Et… qu’avais-je à voir là dedans ? Qu’y avait-il dans mon passé qui puisse motiver ce monstre à me pourchasser ?
Il fallait absolument que je trouve la réponse à cette dernière question… Où ? Le Noir Corbeau devait sûrement avoir laissé des indices avant de mourir…
Je pourrais jeter un œil dans son appartement… Encore fallait-il que je me débarrasse de cet agent du FBI. Le fait de fouiner dans les affaires de Raven attirerait ses soupçons, bien qu’il fût convaincu de ne pas avoir affaire à un meurtre.
Dans le couloir, j’entendis les pleurs étouffés de la concierge, toujours sous le choc, qui tentait de dissimuler son émotion dans un mouchoir démesurément grand.
-Savez-vous si Raven avait de la famille ?
-Il me semble que non… J’avoue qu’il n’était pas très loquace, fis-je.
Connely fit la moue.
-Encore un enterrement au frais de la ville, marmonna-t-il d’un air maussade.
Une idée me vint subitement.
-Je pourrais m’en charger.
-Vous ?!
Il me contempla d’un œil inquisiteur. Il était visiblement étonné.
-Pourquoi pas, lâcha-t-il finalement. De toute manière, ça ne regarde plus le FBI.
Il tourna les talons et alla nonchalamment rejoindre la pauvre Hannah en refermant la porte sur lui, me laissant en tête-à-tête avec le corps noirci et squelettique de Raven. Je grimaçai. Il faudrait que je m’accommode de sa présence.
Je me mis à observer en détail le lieu dans lequel je me trouvais. L’appartement ne se composait que d’une seule pièce. À peine plus grand qu’un placard à balais, pensai-je.
Contre le mur du fond, obstruant une unique fenêtre qui laissait passer quelques rayons de lumière, se tenaient des étagères couvertes de dossiers récents et anciens, gardées par quatre piles de vieux cartons.
Malgré la demi-pénombre, je distinguais un sol recouvert de paperasse ainsi que des murs d’un blanc immaculé, vides de tout tableau. Pas même l’ombre d’un portait familial ou d’un diplôme accroché là par fierté. Je cherchais des yeux un éventuel réfrigérateur ou même un lit : rien.
Tout portait à croire que cette pièce servait de poste d’observation.
L’obscurité, le désordre, la poussière, la présence de ce cadavre… Je frémis. J’avais l’impression de me trouver dans un cabinet de curiosité, ou même dans un musée plongé dans l’ombre où se dresseraient les silhouettes effrayantes des spécimens miteux y étant exposés…
Je m’imaginais le malheureux Raven momifié et cloîtré dans une vitrine dont le socle de bronze porterait l’inscription : « Cas de Combustion Humaine Spontanée. Etats-Unis –année 2007 »…
-Pense à autre chose, murmurai-je, pense à autre chose…
J’avais une peur bleue des musées depuis ma plus tendre enfance. Cela remonte au jour où ma mère –j’avais cinq ans – m’avait emmené au Muséum d’histoire naturelle de New York. Je m’y étais égaré et il avait fallu pas loin de dix heures pour qu’un gardien ne me retrouve enfin, tremblant de peur et recroquevillé entre deux monstres antédiluviens empaillés.
Je chassai d’un mouvement de tête ce souvenir de mon esprit et tentai de me concentrer sur mes recherches. Ta vie en dépend.
Par où allais-je commencer ? J’optai pour les piles de cartons. Je m’approchai et jetai un œil dans le premier venu : il contenait des vieux dossiers rangés par ordre alphabétique de A à C. De toute évidence, je ne trouverais rien là-dedans. Je le posai délicatement au sol et poursuivis mes fouilles. D, E… E ! Peut-être y avait-il quelque chose me concernant ?
Rien. Pas grave, il y a encore la lettre W, me dis-je.
Je me remis à éplucher les cartons un à un.
H, I, J. Au bout de quelques minutes, j’avais trouvé ce que je cherchais : le dossier Johnson.
Sur la pochette avait été tapé à la machine à écrire les mots suivants :
« Nom : Wolfe
Prénom : Edward
Âge : ? »
Les mains tremblantes, anxieux de ce que j’allais découvrir, je m’apprêtais à l’ouvrir, lorsqu’une voix glaciale dans mon dos m’en empêcha.
-Vous ne trouverez rien ici.
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Chapter VI

-Qui… qui est là ? parvins-je à articuler.
Un bruit de pas furtifs qui martèlent le sol se fit entendre. Je sentis l’inconnu se planter devant moi.
Je retenais mon souffle. Je distinguai le cliquetis d’une lampe de poche qu’on allume…
Le faisceau de la lampe éclairait un visage si blême et si parfait qu’il semblait être de porcelaine. Des cheveux sombres tirés en arrière rallongeaient un front carré et un léger sourire étirait des lèvres minces, donnant un air de mystère au personnage.
Il semblait jeune et vieux à la fois, si bien qu’il eût été difficile d’en déduire, même approximativement, son âge, et dans ses yeux d’un bleu délavé brillait une profonde intelligence.
Ses épaules carrées étaient recouvertes d’un long manteau noir qui lui tombait aux chevilles, et de ses manches étroites sortaient deux mains osseuses aux doigts infiniment longs et blancs.
Dans ces circonstances, on l’aurait prit pour un fossoyeur.
Un détail me dérangeait : était-il ami ou ennemi ?
-Veuillez me pardonner pour ma maladresse : je me suis invité à entrer sans prendre la précaution de frapper.
Sa voix froide, énigmatique, avec ce léger accent New Yorkais, et ses yeux vitreux posés sur moi, me troublèrent.
-Qui êtes-vous ?
Il ne me répondit pas sur l’instant. Il se planta devant le corps du mort et se pencha pour l’examiner.
-Hum… Très intéressant. Je vois que cet incompétent de Connely est encore passé à côté d’une enquête fortement excitante, si vous me passez l’expression.
-Vous êtes du FBI ?
-Moi ? Du FBI ? Où allez-vous chercher des idées pareilles ?
Il me regarda un long moment puis reprit son examen minutieux. Il venait de sortir d’une de ses poches une petite loupe. Décidément, ce personnage n’avait pas fini de me surprendre.
-Vous n’avez pas répondu à ma question, dis-je.
-En effet. Appelez-moi Hurdson. Vous pouvez si vous le souhaitez m’affubler du titre d’inspecteur, mais sachez que je ne possède pas les diplômes nécessaires pour exercer cette profession.
Il passa le faisceau de sa lampe de poche sur le visage du cadavre. Je remarquai que les orbites de l’homme –détail qui m’avait échappé- étaient vides.
-Quelle barbarie ! commenta Hurdson.
Il posa sur moi son regard glacial.
-Il est effrayant de penser que l’on est dans l’incapacité de savoir exactement combien de gens trépasseront de cette manière… par la faute d’une seule. N’est-ce pas, monsieur Wolfe ?
Je m’étranglai.
-Vous savez !
Ses minces lèvres s’étirèrent en un sourire mystérieux et ses yeux redoublèrent de brillance.
-On ne peut rien vous cacher, fit-il.
Dès lors, je compris que son intention était de m’aider à retrouver les traces de mon passé.
-Je crois savoir qui a fait ça, dis-je. Et je crois savoir également comment il s’y est pris.
L’inspecteur ne daigna même pas m’accorder un regard. Il se contenta de répondre :
-Ce n’est pas cela que je cherche.
Il brandit un morceau de papier couvert de mots qu’il venait de trouver dans l’une des paumes du mort.
-Qu’est-ce ?
-Un premier indice. Je m’étais douté que cet homme, avant de mourir, allait laisser des indices menant à votre passé, ce qui vous permettrait d’échapper peut-être à votre destin.
Je l’interrogeai du regard, m’attendant à ce qu’il m’en fasse la lecture.
-Lisez vous-même, soupira-t-il.
Il me tendit le message. Je constatai avec horreur que les mots avaient été écrits avec…
-Du sang…
-En effet. Du sang encore frais provenant sans doute de son doigt -vous remarquerez ici, à son index droit, une entaille assez profonde. Il savait qu’il allait mourir et il a rédigé ce message avec son propre sang dans le but de nous laisser une piste. Mais lisez, je vous en prie.
Et je lus à haute voix ces quelques mots :
« 106, Golden Street
Là où tout commença… »
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Chapter VII
-Belle journée, ne trouvez-vous pas, monsieur Wolfe ? fit-il lorsque j’arrivai enfin à sa hauteur, posant sur moi son regard vitreux.
Je levai la tête. Au dessus de moi flottaient des nuages gris.
-Mmh… répondis-je en haussant les épaules.
Je me souvins que mon tout premier roman débutait de cette manière : « Des deux côtés de la rue se dressaient les silhouettes noires de maisons anciennes couvertes de corbeaux. Peter avançait péniblement, slalomant entre des canettes de bière et des excréments. Au dessus de sa tête stagnaient des nuages gris… ». Ce livre avait manqué de peu d’être inscrit sur la liste des best-sellers. Peut-être Jerry avait-il raison au sujet de mon prétendu talent…
-J’ai lu votre livre et je l’ai jugé lisible, dit Hurdson, comme s’il avait deviné mes pensées. Mais je trouve tout de même fort décevant qu’il s’achève par la mort de notre héros paranoïaque.
Pendant quelques instants, je me demandai s’il s’agissait d’un compliment ou non.
-« Lisible » ?
-Voyez-vous, le roman policier n’a jamais été ma tasse de thé, si vous me passez l’expression ; je préfère de loin me plonger dans les romans classiques –Connaissez vous « la terre veine » d’Eliot ?- et les vieux manuscrits qui hantent la salle des archives de la très fameuse bibliothèque de New York…
Je réprimai un frisson. Service des archives… Immense salle occupée par des spécimens non-exposés et des étagères recouvertes de vieux dossiers… Soit dix fois plus de chance de se perdre et de ne pas en ressortir vivant.
-Dans ce cas, pourquoi avoir lu mon roman ?
Sur les lèvres de l’inspecteur flottait un petit sourire.
-Lorsque nous nous sommes séparés et donné rendez-vous ici quatre heures plus tôt, je me suis penché sur votre cas. Votre date de naissance, votre lieu de résidence, celui de votre mère, votre âge, vos habitudes en ville, votre éditeur, votre pseudonyme et vos livres publiés me sont connus. Je me suis également permis de lire votre livre…
Je ne doutai plus de ses capacités intellectuelles : avaler en un temps record un livre de 900 pages tenait de l’exploit, mais il m’aurait dit avoir fait le tour du monde en quatre-vingt minutes avec pour seul moyen de locomotion des patins à roulettes que je l’aurais cru, car sa personnalité elle-même, de mon point de vue, tenait de l’exploit, du surnaturel, de l’impossible.
Il se racla doucement la gorge, coupant court à mes méditations. Il me fit signe d’avancer et nous nous engageâmes dans l’allée de massifs de plantes mortes qui gardaient la porte d’entrée. À côté de celle-ci se trouvait une sonnette ancienne. Je m’apprêtais à sonner lorsque l’inspecteur m’en dissuada d’un geste de la main.
-Elle est inhabitée depuis 1887.
Il tourna la poignée de la porte. Elle était fermée.
Reculant de quelques pas, il se jeta violemment contre le battant. L’impact fut brutal mais la porte résista. Il recommença la manœuvre. La vieille serrure céda et s’ouvrit sur un couloir noir. Nous entrâmes. À l’intérieur régnait une forte odeur d’ancien et de renfermé qui me saisit. Je remarquai que l’inspecteur huma longuement l’air comme s’il s’agissait du plus merveilleux parfum qui soit.
Brusquement, il se tourna vers moi et plongea dans mes yeux son regard pénétrant et glacial.
-À présent que nous nous plongeons dans l’histoire de Johnson, je vous demanderai, Gaspard, d’oublier que ce personnage et vous-même ne faites qu’un. Vous risqueriez d’être fort surpris par ce dernier…
Je hochai la tête et me mis à trembler. Le ton de la voix de l’inspecteur n’avait rien de rassurant.
Hurdson s’enfonça dans le couloir. Je le suivis. Derrière moi, la porte grinça sur ses gonds et se referma, provoquant un claquement qui ébranla toute la vieille demeure. Une totale obscurité nous entourait, et il aurait été difficile de dire où nous nous dirigions. J’entendis un cliquetis et un faisceau de lumière perça la pénombre.
Je poussai un cri.
-Du calme ! aboya la voix de l’inspecteur.
Je découvris avec soulagement que le faisceau provenait de sa lampe de poche. Il enfonça sa main dans sa poche et en sortit –tout comme on sort un lapin d’un chapeau- une lampe de poche semblable à la sienne. Il me la tendit et je l’allumai.
La pièce dans laquelle nous nous trouvions était étroite et sale à souhait. Quelques rats trottaient sur le parquet dissimulé sous une couche épaisse de poussière et sur les murs antédiluviens tapissés d’un papier peint pourpre trônaient quelques tableaux dont les peintures s’effaçaient avec le temps.
Du plafond pendaient quelques toiles d’araignées abandonnées.
Les pinceaux des deux lampes découvrirent une unique porte en bois dans le mur du fond. Mon compagnon poussa le battant de ses deux mains. La porte s’ouvrit dans un grincement sinistre, et nous fûmes les témoins d’une vision horrifique.
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Chapter VIII
-Mon dieu ! laissai-je échapper tandis que ma lampe de poche tombait au sol.
…étaient quatre êtres humains momifiés, squelettiques, aux orbites vides.
Je me retins de crier. À côté de moi, Hurdson semblait calme. Il s’avança vers les vitrines et les observa attentivement, comme on admire les expositions d’un musée.
Je m’avançai également et découvris que les vitrines étaient toutes accompagnées d’un écriteau en bronze où on pouvait lire les inscriptions :
« John Wolfe – Renversé en 1867 par un fiacre. »
« Helen John Wolfe – Morte de chagrin à la suite du décès de son époux, 1868. »
«Philip Wolfe – Mort à la suite d’un cancer, 1874. »
« Elizabeth Wolfe – Causes du décès inconnues, 1887. »
Je restai sans voix. Il devait s’agir de mes ancêtres, exposés là par un fou. Mais quel rapport pouvait-il y avoir entre ces cadavres exposés là et mon passé ? Une erreur aurait-elle été commise par un de mes aïeux un siècle de demi auparavant ? Et dans ce cas, pourquoi devrais-je payer pour un crime que je n’avais pas commis ?
Je remarquai qu’Hurdson avait stoppé ses observations pour s’intéresser à autre chose. Il tenait avec précaution un vieux grimoire qui tombait en ruine.
-Qu’est-ce que c’est ?
-L’album-photo familial des Wolfe, me répondit-il tout en le feuilletant.
Il s’arrêta à une page et la parcourut des yeux un long instant.
Soudain, il redressa la tête, semblant écouter quelque chose. Il me paraissait aussi avoir entendu un bruit.
Après quelques secondes, le bruit se reproduisit : un bruit de pas feutré. Quelqu’un nous avait suivis.
Sans attendre que l’intrus ne se montre, Hurdson bondit, l’album miteux à la main, vers l’unique fenêtre, qu’il essaya d’ouvrir. En vain : elle était fermée à clef.
Sa main blafarde se glissa dans sa poche de droite et à ma grande surprise en sortit un passe-partout. Il entreprit de forcer la serrure.
Les bruits de pas se rapprochaient dangereusement. Un click ! se fit entendre. L’inspecteur souleva la guillotine et dégagea d’un geste de la main les plaques de taules.
Je me rapprochai de lui. Il me fit signe de m’enfuir en premier. J’acquiesçai.
Je grimpais sur le rebord de la fenêtre et m’apprêtais à sauter lorsque dans l’embrasure de la porte du salon apparut une silhouette noire dont la tête était surmontée de cornes et qui me scrutait de ses yeux de feu.
Pris de panique, je sautai. Hurdson m’imita peu après, l’album toujours calé sous son aisselle. À l’intérieur de la vieille demeure, les cris diaboliques de la chose retentirent.
Pendant quelques instants, je crus qu’IL allait nous suivre, mais il n’en fut rien.
C’est alors que je vis une voiture gris métallisé qui semblait nous attendre, à quelques mètres de nous.
-Toujours à l’heure, murmura l’inspecteur avec un demi-sourire.
Un homme descendit de la voiture, ouvrit la portière arrière droite et nous fit signe d’entrer.
Hurdson n’hésita pas une seconde et s’assit sur la banquette de cuir blanc. Je haussai les épaules et fis de même. La voiture démarra.
Alors que nous venions d’atteindre le coin de la rue, une détonation assourdissante se fit entendre, accompagné d’un rire démoniaque strident. Je jetai un regard à la vieille demeure ancestrale : elle était en feu.
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Chapter IX
-Avons-nous affaire à un ennemi puissant ? demandai-je pour briser le silence.
-Fort puissant, en effet, dit-il avec un air grave.
Il redevint silencieux. Mes yeux tombèrent sur l’album qu’il tenait sur ses genoux. Quel intérêt pouvait-il y avoir à garder cette vieillerie ? me demandai-je.
Je me retins de lui poser la question, bien que cette dernière me brûlât la gorge. Cet objet devait avoir un rapport avec mon passé.
La voiture s’arrêta. Je jetai un regard par la fenêtre : nous nous trouvions devant mon immeuble. J’allais ouvrir la portière dans le but de rentrer chez moi, lorsque la voix d’Hurdson m’en empêcha :
-Attendez !
Je lui lançai un regard inquisiteur.
-Votre ennemi sait qui vous êtes, IL sait où vous habitez et d’après ce que j’ai pu constater, ne s’est pas gêné pour faire irruption chez vous, poursuivit-il en plongeant son regard grave et froid dans le mien. Vous n’êtes plus en sécurité, ici. S’il revenait… vous ne reverriez plus jamais la lumière de ce monde, j’en ai bien peur.
Ses paroles me dissuadèrent de regagner mon appartement.
-Le mieux serait que vous vous cachiez pendant tout le temps que durera cette enquête.
Il se tourna vers le chauffeur.
-Au 4, Raven Street, s’il vous plaît, Guiseppe !
Hurdson tourna vers moi un regard amusé tandis que je suffoquais à demi. Encore le Corbeau !
La voiture reprit sa route en vrombissant. Le trajet se fit dans le silence le plus complet que seul le bruit du moteur venait perturber.
Elle s’immobilisa enfin dans Raven Street, devant le 4. La devanture du bâtiment affichait en lettres rouges scintillantes « Hôtel », et les deux premières lettres étaient grillées. Le soir commençait à tomber, il était environ 16 h 15.
Hurdson et moi descendîmes et pénétrâmes dans le bâtiment. Un vrombissement dans notre dos nous signala que Guiseppe était parti garer la voiture. Un homme debout derrière le comptoir nous accueillit d’un sourire commercial.
-Bonsoir… Que puis-je faire pour vous, messieurs ?
-Nous désirerions réserver une chambre pour la nuit… répondit Hurdson de sa voix froide habituelle.
Sa réponse me surprit : pourquoi réservait-il pour la nuit seulement ?
-Laquelle désirez-vous ?
-La numéro 13 est-elle libre ?
Le gérant feuilleta rapidement son registre. De mon côté, je me mis à trembler. Pourquoi la treize ?
-Mais certainement monsieur. Le problème est… qu’il n’y a qu’un lit pour deux…
-Nous nous en accommoderons, répliqua Hurdson.
Le gérant me jeta un coup d’œil rapide puis sourit. Il devait nous prendre pour un couple d’homosexuels.
Il tendit un stylo à l’inspecteur qui signa le registre et le lui rendit.
-Votre chambre est au bout du couloir, à droite. Voici votre clef. Je vous souhaite un bon séjour chez nous, nous lança-t-il en accompagnant ses paroles de son sourire commercial tandis que Hurdson s’éloignait déjà.
Je lui emboitai le pas. La silhouette de l’inspecteur disparut dans le couloir droit. De dos, avec ce long manteau dont les pans flottaient au rythme de ses pas, on aurait pu le prendre pour Van Helsing. Je remarquai avec soulagement que je n’avais pas perdu mon humour malgré la gravité de la situation.
Le couloir que nous empruntions était entièrement rouge et des néons muraux –rouges également- l’éclairaient. C’était étrange, mais il me sembla l’avoir déjà emprunté plus d’une fois.
Hurdson s’arrêta, et je fis de même quelques secondes plus tard. Devant nous se dressait la porte 13.
Aucun doute, je suis déjà venu ici…
Hurdson ouvrit la porte et me pria d’entrer d’une courbette gracieuse, ce que je fis après deux secondes d’hésitation. Ma main se dirigea vers l’interrupteur. J’allumai. La chambre était vaste et plutôt élégante. À ma droite, un lit si grand que trois personnes auraient pu l’occuper, et à ma gauche un petit meuble portant une téléviseur, côtoyant une porte qui devait mener à la salle de bain. Le sol en parquet ancien était meublé d’un tapis rouge affreux. L’inspecteur entra et ferma la porte à double-tour.
Je lui fis place et le regardai un instant. Ses yeux trahissaient une profonde inquiétude.
-Nous ne sommes pas ici pour passer la nuit, pas vrai ? lui demandais-je.
L’inquiétude disparut de son visage et un mince sourire s’installa sur ses lèvres.
-On ne peut rien vous cacher, se contenta-t-il de dire.
-Pourquoi avoir choisi cette chambre ? Ce n’est pas par pur hasard, pas vrai ?
Il secoua la tête et sortit de sa poche le vieil album-photo. Je restai ébahi : je n’avais même pas remarqué qu’il l’y avait mis. Ce n’était pas seulement un homme doué d’une intelligence supérieure à tout autre, un inspecteur hors-pair, le plus surprenant des croque-morts, c’était aussi un incroyable magicien qui agissait avec une rapidité étonnante.
Il l’ouvrit. Une page avait été marquée par un morceau de papier où s’épanouissait une écriture fine et penchée, comme celles d’autrefois. Il le prit et me le tendit. Je le parcourus.
« Au 4, Raven Street, dans la chambre 13, la vérité sur un sombre passé éclatera au grand jour…
Black Raven. »
-Le Black Raven s’était rendu au 106 bien avant sa mort et y avait laissé ce message. Une piste qui nous conduirait à la solution de l’énigme… murmura Hurdson.
Je posai un regard interrogateur sur lui.
-Vous croyez que la vérité se trouve dans cette pièce ?
-Je ne le crois pas : j’en suis certain, répondit-il.
Il referma l’album qu’il rangea dans sa poche puis s’avança de quelques pas et rejeta d’un geste le lourd tapis rouge, dévoilant des rangées de lattes de parquet.
À cet instant, on frappa à la porte. Hurdson me fit signe d’aller ouvrir. Ce que je fis.
Dans l’encadrement de la porte, je découvris le visage grave de Guiseppe qui portait une petite valise dans sa main gauche. Je m’effaçai pour le laisser entrer.
Il déposa la valise sur le lit puis se retira. Je refermai la porte.
Hurdson ouvrit la valise. Intrigué, je m’approchai. Elle contenait de vieux outils.
L’inspecteur les caressa du bout de doigts avant d’en choisir un : une hache.
Je commençai à me demander s’il n’était pas devenu fou.
Il s’agenouilla sur le sol, leva la hache au dessus de sa tête et l’abattit. Le bois du plancher craqua. Il recommença son geste trois ou quatre fois d’affilées avant de s’arrêter brusquement. De la sueur avait perlé à son front marmoréen. Il fouilla dans sa valise et en sortit un pied de biche.
Je le regardais attentivement. Il semblait avoir gardé toute sa présence d’esprit.
S’il n’était pas fou, que cherchait-il donc ?
Je ne tardais pas à en avoir la réponse.
Hurdson plaça son pied de biche entre deux lattes et les fit sauter dans une explosion de bois, laissant un trou béant au beau milieu de la chambre. Une odeur de pourriture se répandit.
J’y jetai un œil et eus une soudaine envie de vomir.
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Chapter X
Je détournai le regard et plaquai mes mains sur ma bouche pour m’empêcher de vomir tout de bon. Au bord du trou, Hurdson semblait calme, comme il l’était toujours en toutes circonstances. Il plongea sa main au milieu des restes des malheureux et remonta quelques ossements, histoire de les examiner de plus près, comme le ferait un archéologue.
-Qui serait capable d’une telle barbarie ? demandais-je sans le regarder.
Pas de réponse. J’osai un regard dans sa direction –au risque de tapisser le parquet de vomis. Il feuilletait attentivement le carnet de notes.
Combien d’ossements avait-il dû manipuler avant de parvenir enfin à le dégager ?
Quelques secondes plus tard, il le referma dans un claquement sec et me regarda droit dans les yeux. À cet instant, il ressemblait à Hannibal Lecter jeune, incarné par ce petit français que j’avais admiré pour sa prestation.
-Capable d’une telle barbarie ? Qui, en effet, hormis vous ?
Pendant quelques instants, je crus avoir mal entendu. Moi ? À l’évidence, Hurdson était devenu fou à lier !
-Vous ne me croyez pas, n’est-ce pas ? me dit-il comme s’il avait lu dans mes pensées.
-Pour… pourquoi aurais-je agi comme ça ? Je n’ai jamais été un mauvais homme.
-Nous avons tous une part de mauvais en nous, monsieur Wolfe.
-Mais enfin ! Jamais je n’aurais été capable d’un tel acte ! répliquai-je avec véhémence.
-Vous ignorez beaucoup de choses sur votre propre compte, poursuivit-il. À commencer par votre mère : depuis combien de temps ne l’avez-vous pas vue ?
À cette question, je ne répondis pas : j’en étais incapable.
-Vous ne l’avez jamais vue, n’est-ce pas ?
Je compris qu’il disait vrai : je ne me souvenais pas même de son visage.
-Qu’est-ce que je suis exactement ? Lui demandais-je en lui lançant un regard vaincu.
L’inspecteur sortit de sa poche le vieil album-photo et l’ouvrit. Je m’avançai pour regarder ce qu’il contenait.
Sur la première page figurait la photo en noir et blanc d’un homme et d’une femme en costume de mariés qui souriaient et se tenaient par la main. En dessous avait été écrit d’une main féminine les mots suivants :
« John et Helen Wolfe – mariage en 1842. »
-Qui est-ce ? demandai-je.
-Vos parents, lors de leur mariage.
Une sensation étrange me parcourut, comme si je retrouvais la mémoire. Je revoyais le 106, Golden Street, la maison où j’avais passé la majeure partie de mon enfance, au XIXème siècle en compagnie de mes deux parents et… le reste était vague.
Hurdson tourna la page. Une nouvelle photo apparut. Mes parents se tenaient dans le salon familial, en compagnie d’un petit garçon âgé d’environ sept ans. La femme tenait dans ses bras un tout petit bébé.
Une nouvelle vision me parvint. Le petit garçon de sept ans, c’était moi, et le bébé… Il s’agissait de mon petit frère, Philip, que j’avais aimé de toute mon âme dès sa naissance. Une larme perla au coin de mon œil droit et roula le long de mon nez.
J’arrachai l’album des mains de l’inspecteur qui me couvait du regard. Il semblait attendri.
Je tournais les pages les unes après les autres, recouvrant page après page la mémoire, me rappelant subitement de tous ces instants joyeux enterrés depuis un siècle et demi.
Une des photos me captiva. Un petit groupe de personnes, la mine sombre et triste, se trouvait devant la porte d’un cimetière. Il s’agissait de ma mère, mon frère, et moi. Il manquait mon père.
Je repensai alors aux momies de Golden Street, dans leurs prisons de verre : « John Wolfe - Renversé en 1867 par un fiacre. »
Il était mort, le jour où la photo avait été prise.
Tout me revint en mémoire : le décès de ma mère deux ans plus tard, celui de Philip, et… celui d’Elizabeth.
Après la mort de mon frère, je m’étais intéressé de près à la médecine, aux sciences naturelles, et j’avais entrepris mes études de médecine. C’était à cette époque que j’avais fais la connaissance d’Elizabeth, dont j’étais tombé profondément amoureux.
Après avoir reçu mon diplôme –j’avais dix-neuf ans-, je lui avais demandé sa main et elle avait accepté. Sept ans plus tard, elle rendit son dernier souffle, le 4 mai 1887. J’étais très affecté par la perte de cette femme que je chérissais autant que j’avais chéri ma famille.
La suite… J’avais oublié la suite. Des images confuses se bousculaient dans mon esprit.
L’inspecteur me scrutait d’un regard indéchiffrable.
-Que s’est-il passé après 1887 ?
Un léger sourire éclaira son visage pâle –sans doute était-il heureux que je fasse appel à ses compétences.
-Vous étiez devenu presque fou, à la mort de votre épouse. Vous avez déterré les dépouilles de votre famille. Vous croyiez que les morts pouvaient revenir à la vie via des moyens scientifiques… Votre but était de ramener à la vie ces personnes aimées que la mort vous avait si brutalement arrachées. Vous avez essayé de relever ce défi impensable. Mais pour cela, il vous fallait des corps. Des corps humains où vous prélèveriez les membres nécessaires à créer cette formule insolite. Vous vous êtes donc mis à tuer ces innocents (il montra d’un signe de la tête les cadavres dans le plancher).
Il marqua une pause puis reprit :
-Après trois ans consacrés à vos recherches, vous vous êtes aperçu que vos travaux vous prendraient bien plus d’une vie. Que faire ? C’est alors que vous vint l’idée de faire appel au Diable (je sentis un frisson parcourir mon corps). Je ne sais par quel moyen, vous êtes parvenu à l’invoquer et vous avez passé un pacte avec lui : en échange de votre âme, vous lui avez demandé qu’il vous offre la vie éternelle. Il vous l’a accordée. Après cela, vos recherches ont repris. Vous assassiniez de nouveau, jusqu’à cette rencontre.
Il marqua une nouvelle pause, plus longue, cette fois.
-Cette rencontre inattendue avec la fille d’une de vos victimes. Cette confrontation poignante avec cette malheureuse petite orpheline vous fit prendre conscience de la monstruosité de vos actes. Elle était devenue une pauvre enfant seule et sans logement, sans même de quoi s’habiller ou se nourrir. Attristé, vous avez décidé de faire une croix sur le passé, de cesser le carnage et de mettre un terme à vos recherches. Vous adoptâtes la fillette et plus jamais on n’entendit parler d’Edward Wolfe. Votre vie se prolongea, la fillette mourut, et toujours vous gardiez le souvenir de votre vie d’assassin et de votre pacte avec le diable. Ce passé vous rongeait. Vous vous sentiez monstrueux, méprisable. L’envie de mettre fin à vos jours devint une obsession, et, un beau soir du 23 Février 1999, vous vous jetâtes du haut de 7ème étage d’un immeuble. Votre vie aurait dû s’arrêter là, mais Satan en avait décidé autrement. Lorsqu’on vous découvrit, étalé sur le sol d’une ruelle sombre, les côtes brisées, baignant dans une marre de sang, mais vivant, on vous transporta d’urgence dans l’hôpital le plus proche, où on vous sauva la vie et où on vous rééduqua. Vous oubliâtes votre passé entièrement, mais ce dernier n’avait pas échappé à un nouveau personnage : William Raven, qui travaillait dans ce même hôpital. Aucun détail de votre existence ne lui échappa. Lorsque vous vous installâtes dans votre appartement de Norton Avenue, il s’établit un poste observatoire pour épier vos moindre faits et gestes…
-Et, comprenant que le Diable viendrait réclamer son dû, il a tenté de me prévenir, complétais-je.
Hurdson hocha la tête. Je me sentis abattu. Quelques heures auparavant, je me serais considéré comme quelqu’un d’innocent, mais à présent j’étais à mes yeux rien de plus qu’un meurtrier. Je ne cherchais plus à échapper au Diable. Il me semblait que mourir dans d’atroces souffrances comme celles qu’avaient connues William Raven était la seule façon de punir une âme aussi vile que la mienne.
Hurdson interrompit mes réflexions.
-Je dois m’avouer vaincu : le Diable n’est pas un ennemi banal, et aucun stratagème ne vous fera passer entre ses griffes.
J’acquiesçai. Je n’avais plus la force de continuer, de toute façon.
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Epilogue
William Raven, mes parents, mon frère, mon épouse, les cadavres de Raven Street furent enterrés dans un cimetière privé à mes frais. Je leur devais bien cela, après tout. Et puis, au Diable, l’argent ! Au Diable, la vie ! Et moi aussi, au Diable !
Je voulais pourtant écrire ceci avant de m’en aller pour de bon, histoire de laisser une trace de moi sur terre. Peut-être qu’un jour quelqu’un découvrirait ce récit dans le tiroir de bureau où je le laisserai avant ma mort, et peut-être qu’il deviendra célèbre… C’est ce que je lui souhaite.
Un bruit de porte qui s’ouvre. Une odeur de soufre et une chaleur insurmontable se répand dans la pièce où je me trouve. Le voilà qui arrive. Je vous dis adieu. Et… si vous croisez Jerry Kent un de ces jours, dites-lui que je démissionne.
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vendredi 15 mai 2009
Noir Desir - À l'envers À l'endroit
Violée ? Non, non... Mais humiliée, oui. C'est ce que j'enfuis en moi depuis mon CM2. C'est ce dont je ne parle que lorsque la coupe est pleine et lorsque certaines personnes en viennent aux mains. C'est ce que je n'ai fait que mentionner, à toi, à Cac, ou à Momo. Quelques mots glissés dans la conversation, comme si cette chose était normale et je dirais même banale. C'est aussi ce qui justifie le silence de ces derniers jours.
Les paroles de la chanson ici :
On n'est pas encore revenu du pays des mystères
Il y a qu'on est entré là sans avoir vu de la lumière
Il y a l'eau, le feu, le computer, Vivendi et la terre
On doit pouvoir s'épanouir à tout envoyer enfin en l'air
On peut toujours saluer les petits rois de pacotille
On peut toujours espérer entrer un jour dans la famille
Sûr que tu pourras devenir un crack boursier à toi tout seul
On pourrait même envisager que tout nous explose à la gueule
Autour des oliviers palpitent les origines
Infiniment se voir rouler dans la farine
A l'envers, à l'endroit, à l'envers, à l'endroit
A l'endroit, à l'envers, à l'envers, à l'endroit
Y a-t-il un incendie prévu ce soir dans l'hémicycle ?
On dirait qu'il est temps pour nous d'envisager un autre cycle
On peut caresser des idéaux sans s'éloigner d'en bas
On peut toujours rêver de s'en aller mais sans bouger de là
Il paraît que la blanche colombe a trois cents tonnes de plomb dans l'aile
Il paraît qu'il faut s'habituer à des printemps sans hirondelle
La belle au bois dormant a rompu les négociations
Unilatéralement le prince entame des protestations
Doit-on se courber encore et toujours pour une ligne droite ?
Prière pour trouver les grands espaces entre les parois d'une boîte
Serait-ce un estuaire ou le bout du chemin au loin qu'on entrevoit ?
Spéciale dédicace à la flaque où on nage, où on se noie
Autour des amandiers fleurissent les mondes en sourdine
No pasaran sous les fourches caudines
A l'envers, à l'endroit, à l'envers, à l'endroit
A l'endroit, à l'envers, à l'envers, à l'endroit.
Album : Des visages, des figures
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mardi 28 avril 2009
Frère des ours accompagné d'une musique que j'aime
Rien à foutre, je poste, et si tu n'aimes pas, tu dégages.
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Alors voilà

Je ne m'étais jamais demandée pourquoi le loup reste l'animal le plus fascinant que je connaisse. La réponse est simple : par certains côtés, il me ressemble. J'ai sa force, sa patience. Comme lui, je suis solitaire, mais appartiens à ma propre meute. J'aime rarement une personne au point d'être prête à lui consacrer ma vie, mais cela m'arrive quelques fois.
L'un de mes défauts est de soit trop m'attacher à une personne, soit l'exécrer totalement, sans raison apparente ; et j'ai tendance à défendre sauvagement la place que j'ai acquise auprès des miens lorsque je me sens menacée. "il s'agit de mes amis, n'y touche pas !"
J'en oublie que les sentiments que j'éprouvent à l'égard de certains ne sont pas forcément partagés et que pour eux, je ne suis que la "fille sympathique avec qui je m'entends bien, mais sans plus" comme je l'ai toujours été partout où je suis passée.
Une rupture n'est jamais très facile à supporter ; elle l'est encore plus lorsque l'on voue un véritable culte à la personne aimée, et que l'on se trompe lourdement sur la nature de ses sentiments, mais aussi ce qu'elle est.
Lorsque j'aime démesurément quelqu'un, en amitié comme en amour, la perspective de le voir s'éloigner m'effraie ; alors je le garde jalousement pour m'éviter de me retrouver seule à nouveau - ou plus seule encore.
En y réfléchissant bien, mon accès d'agressivité récente n'était ni de la frustration ni de la jalousie comme je l'ai cru tout d'abord : ce n'était qu'une tentative désespérée pour défendre ma place. Je l'ai tant cherchée que la perdre une fois de plus me tuerait, comprenez-moi.
Par un autre côté, cette agressivité qui n'est pas la mienne m'apporte l'effet inverse que celui escompté. Dans les deux cas, me voilà loin de ce que j'ai aimé, plus seule que jamais.
Je ne m'étais jamais sentie aussi faible que maintenant. Tout me paraissait simple : j'avais le sentiment d'avoir trouvé l'équilibre entre solitude et popularité, d'être enfin importante aux yeux des autres.
Mais à présent, je sais que rien n'est figé.
[Arthur, ceci ne te concerne en rien.]
Voilà, à présent que mon article façon gotho déprimé s'achève, je vous laisse le soin de commenter ce qui se passe de commentaire.
Si vous souhaitez me contacter, je suis soit à la buvette, soit aux WC pour cuver mon vin, soit à cette adresse : coupe_toi_les_veines_connard@viedegotho.lbr
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vendredi 10 avril 2009
Aloysius X. L. Pendergast : le voile est levé

Je suis tentée de vous répondre, avec ma flemme habituelle : "la réponse est sur le dessin, asshole.", mais bien entendu, je ne le ferai pas et tenterai de développer un tout petit peu.
Aloysius X. L. Pendergast naît de la plume des compères Douglas Preston et Lincoln Child aux USA en 1995. Il fait sa première apparition dans « Relic » où il n’est que figurant, pour enfin devenir le personnage principal de toute une série comportant « Le grenier des enfers », « La chambre des curiosités », « Les croassements de la nuit », « Le violon du Diable », « Danse de Mort » et « Le livre des trépassés ». Pendergast est un inspecteur du FBI rattaché au bureau de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, ce qui ne l’empêche pas d’enquêter dans un périmètre bien plus vaste. C’est tout d’abord un homme de goût : il se déplace en Rolls Royce Silver Wraith 1959 conduite par son fidèle Proctor. Il ne se sépare jamais de son Colt Anaconda calibre .45., un revolver de haute précision capable d’arracher la tête d’un individu. Avant d’hériter de la bâtisse de son arrière grand-oncle Antoine Leng Pendergast au 891, Riverside Drive, il logeait dans un appartement du Dakota, à New York. Ajoutez à tout cela le fait qu’il a une très grande connaissance en Art, science, musique, littérature, Histoire, et qu’il a une très grande capacité de déduction, et vous obtenez le digne héritier de Sherlock Holmes, en beaucoup plus mystérieux. En effet, son teint blafard, laiteux, ses yeux d’un bleu délavé, ses cheveux blonds presque blancs, ses doigts longs, fins et blancs, son air impassible et son costume noir font de lui un personnage intriguant, indéchiffrable. Pendergast ne fait pas que s’intéresser à beaucoup de chose, c’est aussi un personnage brillant et extrêmement intelligent. Il possède un QI supérieur à 200 et une capacité de concentration telle qu’il peut remonter le temps par la seule force de sa pensée. C’est aussi un excellent manipulateur qui adapte son personnage en fonction de l’individu qui lui fait face pour arriver à ses fins.
V'là. Par la suite, si l'envie vous prend de lire les romans, vous pouvez en principe les trouver dans n'importe quelle librairie.
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dimanche 5 avril 2009
The Curious Case Of Benjamin Button Soundtrack - Meeting Again
Parce que j'aime cette musique ; parce que j'ai aimé "L'étrange Histoire de Benjamin Button" et parce que j'avais envie de vous encrotter avec mes vidéos, en voici une autre, toute rayonnante de beauté.
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samedi 4 avril 2009
Sur un Trapeze - Alain Bashung
Je n'ai jamais particulièrement écouté la musique de Bashung. Il se trouve que je me suis intéressée à lui juste après sa mort. Jusqu'à ce jour, je n'avais pas conscience qu'il avait existé. Aujourd'hui, je ne suis pas plus férue que ça de sa musique. Mais cette chanson-ci me... -comment dire ?- me plaît. C'est le mot.
Il faut dire que je l'ai écoutée toute l'après-midi. J'ai pour habitude d'écouter en boucle une musique/chanson quand j'ai le blues. C'était le cas ici (Voir "Pas de titre pour ça").
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la campanella , paganini liszt , etude # 3
Oui, encore une vidéo... (Quoi ? C't'es pas content, t'as qu'à cocher la case "pourrave", juste au dessous de la vidéo !)
La campanella de Liszt, donc, que j'ai découvert grâce à mon cadeau d'anniversaire (A savoir deux compilations de musique classique violon/piano, le rêve, quouah.)
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Pas de titre pour ça

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