
C’était le soir du Vendredi 23 Février. Je grimpais quatre à quatre les marches de l’escalier de mon immeuble, un large sourire affiché sur les lèvres, heureux de rentrer chez moi après une dure journée de travail au bureau. Il y avait environ 126 marches à gravir avant d’atteindre le quatrième étage, où je logeais ; comme à l’accoutumée, je les comptais en chantonnant un petit air d’opéra.
J’atteins enfin le quatrième étage et bifurquai dans le couloir de droite. Ma porte portait un gros « 13 » rouillé et était la dernière du couloir ; je ne savais pourquoi, mais je me dis que si quelqu’un voulait me rendre visite, il lui serait pratiquement impossible de se tromper.
Je me plantai sur le seuil et me mis en quête de mes clefs, cachées dans les poches de ma veste sous un amas de papiers inutiles.
Quand je les eus trouvées, j’ouvris et m’engouffrai dans l’appartement obscur en refermant la porte sur moi. Dans le salon, j’allumai l’affreuse lampe que ma mère m’avait offerte pour mon anniversaire, un mois auparavant ; elle trônait sur la table basse, horrible dans sa couleur jaunâtre. Je la contemplai un instant et murmurai d’un air maussade un « merci Maman », avant de me jeter sur mon ordinateur qui occupait le fond de la pièce, magnifique sur son bureau en bois vieilli qui m’avait coûté une petite fortune. Je l’allumai. L’écran s’éclaira et je me mis en devoir de consulter mes e-mails. J’attendais un important courrier de mon éditeur, Jerry Kent, un petit homme laid, gros, désagréable, friqué, bien habillé et un éternel cigare à la bouche : le portrait même du businessman américain, à qui j’avais envoyé, pas plus tard que la semaine précédente, mon dernier roman.
J’avais reçu deux e-mails, et l’un des deux provenait effectivement de mon éditeur.
« Mon très cher petit Edward,
Votre roman est tout simplement la plus grosse niaiserie qu’on ne m’ait jamais pondue ! L’histoire est complètement nulle, les personnages sans intérêt, en clair vous pouvez toujours aller voir ailleurs pour qu’on publie cette ineptie. Et j’ajoute que vous pouvez remballer votre machine à écrire tout de suite et retourner à votre petit boulot de journaliste : vu les talents que vous avez dans l’écriture, vous n’irez pas loin.
Très cordialement,
Jerry Kent »
Je sentis la colère monter en moi. Sale pourri de riche !
De rage, je supprimai le message. Pendant quelques minutes, le temps de me remettre de mes émotions, je fixai d’un regard vide le deuxième e-mail. Il était d’un certain « Black Raven ». Noir Corbeau… Drôle de surnom ! Son propriétaire était sans doute un de ses adolescents sataniques qui croyait voir le diable à chaque coin de rue…
Je me résignai à l’ouvrir. Pourquoi ? Je ne sais pas. Sans doute voulais-je voir ce que ces imbéciles de jeunes-gens avaient encore inventé pour se faire peur…
« IL sait qui tu es… IL te pourchasse… Ta vie ne tient plus qu’à un fil…
Si tu n’envoies pas ce message à au moins 23 personnes, IL aura ta peau…
Black Raven »
Je gloussai et supprimai l’e-mail. La naïveté des sataniques était toujours si risible !
J’éteignis l’ordinateur et me dirigeai, tout sourire, vers la cuisine, où je me mis en quête de quelque chose à manger.
Ce que j’ignorais, c’était que ce simple et risible petit e-mail allait m’être fatal.
J’atteins enfin le quatrième étage et bifurquai dans le couloir de droite. Ma porte portait un gros « 13 » rouillé et était la dernière du couloir ; je ne savais pourquoi, mais je me dis que si quelqu’un voulait me rendre visite, il lui serait pratiquement impossible de se tromper.
Je me plantai sur le seuil et me mis en quête de mes clefs, cachées dans les poches de ma veste sous un amas de papiers inutiles.
Quand je les eus trouvées, j’ouvris et m’engouffrai dans l’appartement obscur en refermant la porte sur moi. Dans le salon, j’allumai l’affreuse lampe que ma mère m’avait offerte pour mon anniversaire, un mois auparavant ; elle trônait sur la table basse, horrible dans sa couleur jaunâtre. Je la contemplai un instant et murmurai d’un air maussade un « merci Maman », avant de me jeter sur mon ordinateur qui occupait le fond de la pièce, magnifique sur son bureau en bois vieilli qui m’avait coûté une petite fortune. Je l’allumai. L’écran s’éclaira et je me mis en devoir de consulter mes e-mails. J’attendais un important courrier de mon éditeur, Jerry Kent, un petit homme laid, gros, désagréable, friqué, bien habillé et un éternel cigare à la bouche : le portrait même du businessman américain, à qui j’avais envoyé, pas plus tard que la semaine précédente, mon dernier roman.
J’avais reçu deux e-mails, et l’un des deux provenait effectivement de mon éditeur.
« Mon très cher petit Edward,
Votre roman est tout simplement la plus grosse niaiserie qu’on ne m’ait jamais pondue ! L’histoire est complètement nulle, les personnages sans intérêt, en clair vous pouvez toujours aller voir ailleurs pour qu’on publie cette ineptie. Et j’ajoute que vous pouvez remballer votre machine à écrire tout de suite et retourner à votre petit boulot de journaliste : vu les talents que vous avez dans l’écriture, vous n’irez pas loin.
Très cordialement,
Jerry Kent »
Je sentis la colère monter en moi. Sale pourri de riche !
De rage, je supprimai le message. Pendant quelques minutes, le temps de me remettre de mes émotions, je fixai d’un regard vide le deuxième e-mail. Il était d’un certain « Black Raven ». Noir Corbeau… Drôle de surnom ! Son propriétaire était sans doute un de ses adolescents sataniques qui croyait voir le diable à chaque coin de rue…
Je me résignai à l’ouvrir. Pourquoi ? Je ne sais pas. Sans doute voulais-je voir ce que ces imbéciles de jeunes-gens avaient encore inventé pour se faire peur…
« IL sait qui tu es… IL te pourchasse… Ta vie ne tient plus qu’à un fil…
Si tu n’envoies pas ce message à au moins 23 personnes, IL aura ta peau…
Black Raven »
Je gloussai et supprimai l’e-mail. La naïveté des sataniques était toujours si risible !
J’éteignis l’ordinateur et me dirigeai, tout sourire, vers la cuisine, où je me mis en quête de quelque chose à manger.
Ce que j’ignorais, c’était que ce simple et risible petit e-mail allait m’être fatal.
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