samedi 30 mai 2009

Chapter IV

Mort de peur, des gouttes de sueur froide sur le front, je renonçais à m’éloigner de mon appartement. Au contraire, je m’y terrai.
Là, adossé au battant de la porte d’entrée, je me mis à réfléchir. Comment échapper à mon destin ? Faire appel à la police ? Qui serait assez idiot pour croire à mes histoires de bonne femme ? Appeler un ami ? Cela aurait pu être une solution, mais un problème persistait : je n’avais ni ami, ni famille autre que ma mère, qui était quelqu’un à qui on ne pouvait pas se confier, ni même demander conseil.
Il fallait se rendre à l’évidence : c’en était fini de moi.
C’est alors que, dans le couloir, retentit un hurlement strident provenant de l’appartement d’à-côté. Quelqu’un venait probablement de découvrir le cadavre.
J’ouvris ma porte à la volée. Je découvris Hannah Spencer, la concierge, en larmes, qui composait un numéro sur son cellulaire.
-Que se passe-t-il ? dis-je en adoptant une voix alarmée, comme si j’ignorais la réponse à ma question.
Elle essuya une larme qui perlait à ses yeux.
-Monsieur Raven a été assassiné… J’appelle la police, articula-t-elle entre deux sanglots.
-Comment avez-vous dit ?
- J’appelle la police…
-Non, avant cela !
-Monsieur Raven est mort !
Raven !
La concierge me contempla un instant d’un œil inquisiteur tout en reniflant bruyamment. Elle devait sentir mon étonnement.
-Vous ne le connaissiez pas, monsieur Wolfe ?
-Si, bien sûr… C’était quelqu’un de bien, m’empressai-je d’ajouter.
Je ne le connaissais que trop bien, malheureusement. C’était lui, le Corbeau et l’auteur de l’e-mail…
Pourquoi ? Pourquoi avoir tenté de me mettre en garde ?
Mais surtout… Comment ? Comment savait-il que l’on me traquait ?
« Ton glorieux et sombre passé… ». Un passé que j’ignorais, un passé perdu dans l’oubli…
Il savait. C’est la raison pour laquelle on l’avait tué.
-Monsieur Wolfe ? Vous êtes sûr que tout va bien ?
Je levai les yeux vers la petite femme qui me contemplait attentivement. Elle semblait inquiète.
Je répondis par l’affirmative. Elle sembla rassurée et continua à pianoter sur son portable.
-Le FBI ? elle semblait affolée. Hannah Spencer à l’appareil. Envoyez-moi un inspecteur sur-le-champ au 4, Garden Street… 4, Garden Street, c’est cela… elle raccrocha.
De mon côté, je tremblais de tous mes membres : voilà que le FBI s’en mêlait !

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